RENCONTRE AVEC SON FONDATEUR, ALEXANDRE SEJDINOV 

Depuis deux décennies, Taxi Consulting s’est imposé comme un acteur incontournable dans le monde du taxi. Avec plus de 60 % de parts de marché en 2024, l’entreprise dirigée par Alexandre Sejdinov est devenue une référence pour les financements de licences, les assurances et les transferts de taxis. Pour célébrer cet anniversaire, Vincent Lacante a interviewé son fondateur afin d’en savoir plus sur les clés de son succès et sur l’avenir de la profession.

Une success story bâtie sur la confiance

Vincent Lacante : Bonjour Alexandre, cette année toi et ton équipe fêtez les vingt ans de Taxi Consulting. Tous les taxis ou presque vous connaissent, puisque vous êtes en tête pour le nombre de financements des licences, des transferts et des assurances auto. Aux derniers chiffres de 2024, vous dépassez très largement vos concurrents pour détenir plus de 60 % de parts de marché. Avez-vous un secret ?

Alexandre Sejdinov : Merci Vincent pour ton introduction, mais au risque de décevoir nos lecteurs, il n’y a pas de secret, sinon de respecter les gens et de les considérer comme des amis et non comme des numéros. J’entends dire que chez Taxi Consulting, ils se sentent bien. C’est assez simple en fait : je demande à mon équipe de respecter cette règle : « Fais à ton prochain ce que tu veux qu’il te fasse. » Vous voulez qu’on soit poli avec vous, qu’on vous dise la vérité et qu’il n’y ait pas de surprise ? Il suffit de se comporter ainsi. Et vous dormirez mieux, sans somnifère, parce que votre conscience sera en paix.

V.L. Combien de clients Taxi Consulting a accompagnés en 2024 ?

A.S. En 2024, Taxi Consulting a permis à 250 chauffeurs de taxi d’acheter leurs licences via nos partenaires bancaires.

V.L. Quelle est la tendance pour cette année ?

A.S. 2025 devrait dépasser 2024, car elle bénéficie de la bonne dynamique du 4ème trimestre de 2024. Beaucoup d’acheteurs avaient mis en sommeil leur projet, pensant qu’après les Jeux olympiques, le prix de la licence allait baisser. Ne voyant pas de baisse, ils veulent maintenant acheter. L’offre et la demande étant à peu près équivalentes, le prix de la licence est stable à 160 k€.

Les débuts et l’évolution de Taxi Consulting

V.L. Avez-vous des banques que vos concurrents n’ont pas ?

A.S. Tu sais Vincent, le taxi est un petit monde où tout se sait. Nous travaillons tous avec les mêmes banques. Il est vrai que jusqu’en 2018 nous avions, en plus des banques classiques, la Banque Edel, qui a décidé de se retirer du marché des taxis.

V.L. Tu es un ancien employé de la Banque Edel ?

A.S. Effectivement, j’étais responsable du pôle commercial taxi chez Edel. En décembre 2004, j’ai donné ma démission pour créer en janvier 2005, Taxi Consulting.

V.L. Comment étaient tes débuts ?

A.S. J’ai bénéficié d’un changement au niveau de la Préfecture, qui venait de passer de commissions trimestrielles à des commissions mensuelles pour le transfert des licences, ce qui augmentait mécaniquement le nombre des transactions. Cette augmentation m’a poussé à embaucher, et quoi de mieux que d’embaucher ses propres enfants (on peut les virer plus facilement si nécessaire [mdr]). Daniel qui avait une formation en assurance et comptabilité est venu en premier, suivi par Hélèna et Valentine. Puis est arrivée Nathalie, qui était responsable des transferts à la Chambre des Artisans. Un peu plus tard, Patrick a quitté la G7 pour venir développer la vente des véhicules chez nous. Vincent a remplacé Patrick lorsqu’il a pris sa retraite. La dernière arrivée est Meriem, qui gère l’accueil avec bienveillance.

J’ai démarré avec le financement et j’ai ajouté au fur et à mesure l’assurance, le transfert de licences et la vente des véhicules. J’ai la chance d’avoir des collaboratrices et collaborateurs de grande qualité.

Valeurs et avenir de Taxi Consulting

V.L. Alexandre, as-tu songé à t’arrêter ?

A.S. Je me sens encore trop jeune pour prendre ma retraite. J’aime tellement ce que je fais que je ne vois pas le temps passer.

V.L. Qu’est-ce qui est passionnant dans ton travail ?

A.S. C’est la rencontre avec les gens, les écouter et coller au plus près de ce qu’ils veulent. C’est aussi les aider à faire le meilleur choix pour eux, tant au niveau du statut professionnel que du véhicule. Pour la plupart, c’est leur premier grand achat de leur vie. Il n’est pas question de se tromper.

V.L. En créant Taxi Consulting, quel était ton objectif ?

A.S. L’objectif, c’était et c’est toujours de sécuriser et de simplifier l’achat de la licence et du véhicule, ainsi que tous les services autour. L’idée est de pouvoir tout faire au même endroit sans perte de temps. Mais un autre objectif tout aussi important est de proposer un service honnête, transparent et le même pour tous, quelle que soit l’origine ou la croyance de chacun. J’ai vu tellement d’injustices et de discriminations pratiquées par certains conseillers bancaires que j’ai décidé de ne pas travailler avec eux. Se comporter en fonction de la tête du client et essayer d’en retirer le maximum n’est pas la philosophie de Taxi Consulting. Tout le monde a droit à la même considération et au même respect.

V.L. Que penses-tu de l’IA et de son impact sur le taxi ?

A.S. L’IA est un instrument, comme un couteau : on peut l’utiliser de la bonne ou de la mauvaise façon. Cela finira par rendre service à l’humanité, comme toutes les découvertes. Les taxis ne doivent pas craindre l’IA. Ce n’est pas elle qui va conduire le véhicule à leur place ou nettoyer l’intérieur après un client négligent. En revanche, l’IA pourrait réguler les courses pour éviter trop d’attente ou de temps de roulage à vide. Des jeunes informaticiens pourraient créer des applications moins chères. Ce sont les applications actuelles qui devraient craindre l’IA, bien plus que les chauffeurs de taxi.

V.L. Qu’est-ce qu’on pourrait souhaiter à Taxi Consulting pour les 20 prochaines années ?

A.S. 20 nouvelles années de succès et de croissance tout en gardant nos valeurs.